Musée du Louvre

 

Collections > Le Proche-Orient antique

Néolithique - VIè-IVè millénaire - IIIè millénaire - IIè millénaire - Ier millénaire av JC - Ier millénaire ap JC

Le Ier millénaire av JC.

Le levant.
On a longtemps attribué la disparition de l'empire hittite à des envahisseurs venus du nord. Après les Hittites, ils détruisirent Ugarit mais furent stoppés par Ramsès III qui donna à ces peuples le nom de "Peuples de la Mer". Le retrait de l'Egypte du pays de Canaan vers le milieu du XIIè siècle permit aux Philistins de s'installer sur la côte, l'arrière-pays étant déjà occupé par les Hébreux.
En Syrie la disparition des Hittites permit l'arrivée des Araméens. La part accordée à ces invasions dans la crise générale fait actuellement l'objet d'une réévaluation. Ces peuples nouveaux semblent plutôt la conséquence que la cause de l'effondrement du XIIè siècle. L'implosion du système palatial aurait favorisé l'apparition des Peuples de la Mer et des Araméens au nord ; au sud le retrait de l'Egypte de la Palestine aurait favorisé celle des Hébreux.

Les Phéniciens.
Le pays des Phéniciens s'étend de la Syrie jusqu'au Mont Carmel. Les principales villes sont ; Arwad, Sumur, Byblos, Biruta, Sidon, Sarepta et Tyr. Cette dernière est le moteur de l'expansion phénicienne ; c'est elle qui fonda le comptoir de Carthage. Très vite se met à poindre la menace assyrienne ; la région est totalement soumise sous le règne d'Assarhaddon au VIIè siècle.
Les différentes cités de la côte gardent farouchement leur indépendance. Néanmoins les habitants se reconnaissent tous comme des Cananéens. Leurs villes étant avant tout tournées vers la mer, leur commerce est en grande partie maritime. Ils sont les créateurs de l'alphabet linéaire qui s'avère un instrument plus souple que la lourde graphie cunéiforme.
Les Phéniciens furent de grands armateurs et d'habiles navigateurs. La quête du métal, notamment du fer, dont la métallurgie se développait, fut le principal moteur de l'expansion phénicienne, entraînant la création des premiers comptoirs à Chypre, en Sardaigne et en Andalousie. Les Phéniciens s'établirent aussi en Crète, à Délos, à Athènes et en Thessalie.
Fondée en 814 av JC, Carthage est d'abord sujette de Tyr, puis gagne peu à peu son indépendance. Elle produisit en très grand nombre de petites perles en pâte de verre en forme de masque. Mais les Phéniciens n'étaient pas seulement des commerçants. Leurs artisans fabriquaient des objets de luxe comme des plaques d'ivoires pour décorer des meubles. L'iconographie était très influencée par l'Egypte, tendance qui s'accentua du IXè au VIIIè siècle.

Chypre.
Dès la fin du IXe et surtout au VIIIe siècle, les Phéniciens ont à Kition, sur la côte sud. Ainsi, à l’heure où la Grèce des cités était à l’apogée de sa liberté et de sa civilisation, Chypre ne parvenait pas à s’affranchir de la tutelle de l’Orient. Il faudra, à la fin du Ve siècle, une personnalité d’exception comme Évagoras Ier de Salamine pour faire entrer, un moment, les affaires chypriotes dans l’orbite du monde grec.
C’est surtout aux environs de 1100 que les arrivées furent le plus nombreuses, comme en témoigne la céramique de plus en plus abondante que les fouilles mettent au jour : vases d’importation ou, plus fréquemment et de manière plus significative, vaisselle locale décorée à l’imitation des poteries importées.
À l’heure de la cité, en plein Ve siècle, Chypre est divisée en neuf royaumes qui paraissent bien les héritiers des royautés homériques. Puissance et tradition, telle est la marque de l’hellénisme chypriote à travers les siècles. La grande statuaire : la vivacité des couleurs, l’ocre rouge, le bleu virant au noir compensent la médiocrité de l’œuvre et confèrent aux figurines chypriotes un caractère exotique qu’accentue la diversité des influences orientales: yeux allongés en amande largement encadrés de sourcils noirs, longue barbe à l’assyrienne, lèvres minces. L’originalité de la production locale se manifeste encore dans l’exubérance des coiffures féminines. Les sculptures en calcaire du VIe siècle illustrent de façon souvent surprenante les efforts faits par les artistes chypriotes pour offrir à leur clientèle locale une sorte de synthèse des grands courants artistiques de l’époque: les personnages masculins coiffés d’un bonnet conique et drapés d’un manteau qui couvre presque entièrement leur corps restent dans la tradition orientale. De plus en plus forte dans le courant du VIe siècle, l’emprise des principes stylistiques grecs doit cependant composer avec le prestige de la religion et de l’art égyptiens, marqué sur les statues masculines par le modelé peu athlétique du torse, le type de la coiffure ou le port du pagne égyptisant. Au début du Ve siècle encore, un grand chapiteau décoré de la tête de la déesse égyptienne Hathor témoigne très clairement du traitement à la manière grecque d’un motif iconographique exclusivement égyptien.
La production de sculptures en calcaire reste abondante aux Ve et IVe siècles, mais désormais les artisans chypriotes ont du mal à suivre l’évolution de l’art grec dont l’influence s’étend à tout le monde méditerranéen. 
L’énorme masse de la production céramique offre les mêmes caractères: l’argile locale ne présente pas la finesse ou la résistance de l’argile attique et Chypre ne connaît pas l’irremplaçable vernis noir, gloire des potiers athéniens. Tout au long des siècles, cependant, les fabricants chypriotes conservent la multiplicité des formes et des décors dont certains datent de l’âge du bronze.

Singe (?) Xè -VIIIè siècle av JC.
Région d'Alep, Syrie.

Chapiteau sculpté.
VIIIè-Vè siècle av JC. Lapithos, Chypre.

Les néo-hittites.
Il s'agit de petites principautés situées dans le nord de la Syrie, en Cilicie et dans le sud de l'Anatolie qui avaient gardé certains traits hittites. La royauté la plus importante a pour nom Karkemish (la future Commagène). Tout ce monde néo-hittite se transforme progressivement en provinces assyriennes à parti du VIIIè siècle, notamment sous les rois Téglath-Phalazar III et Sargon II.

Les nouveaux Etats-Nations.

Les Araméens.
Entre 1050 av JC et la du Xè siècle, les Araméens s'établirent entre Syrie occidentale et Haute Mésopotamie. Ils s'enrichirent énormément grâce au réseau d'échange qu'ils tissèrent avec l'arrière-pays asiatique. Ils adoptèrent l'alphabet phénicien dès le Xè siècle et l'adaptèrent à leur langue sémitique occidentale.
Les royaumes araméens et néo-hittites ont développé un type de palais particulier que les Assyriens ont appelé Bît-hilani. Ces palais de plan rectangulaire comprenant une grande salle disposée dans le sens de la largeur faisant office de salle du trône, une antichambre dont le linteau était porté par des colonnes. La base des murs en brique crue était revêtue de dalles sculptées ou orthostates (palais de Guzana).

Les Israélites.
La principale difficulté qu'il y a  à rendre compte des débuts de l'âge du fer en Palestine réside dans la nature de sources qui ne se recoupent pas. La documentation est pauvre sur près de quatre siècles. L'essentiel des informations est donc fourni par la Bible, mais la Bible elle-même s'en tient qu'à une tradition. L'exploration archéologique dans les années 1980 permettent de mieux comprendre le caractère et l'origine des deux états : Juda et Israël. Les études ont démontré que l'émergence des Israélites dans les hautes terres du Canaan ne s'est pas produite comme un événement unique mais qu'elle s'inscrit dans une série d'oscillations démographiques que l'on peut faire remonter à des millénaires.

L'Urartu.
Le royaume d'Urartu est une des puissances importantes du début du Ier millénaire. Entre le IXè et le VIIè siècle, il regroupe aux alentours du lac de Van des territoires du haut plateau arménien. La capitale de l'Urartu est Tushpa. Les barrières naturelles montagneuses ont été soigneusement utilisées pour résister aux Assyriens. Le royaume disparaîtra vers 595 av JC. Une partie de son héritage se transmettra au Caucase et en Perse à l'époque achéménide. Les deux domaines dans lesquels les Urartéens excellèrent furent l'architecture et la métallurgie. La typologie des objets métalliques est très variée. L'équipement militaire occupe une place de choix avec des armes, des éléments de harnachement de cheval et de char.

Découvrez une sélection d'oeuvres

Les grands empires.

L'empire néo-assyrien (934-610 av JC).
Pour ne pas être réduits à merci, les Assyriens déployèrent une politique résolument conquérante, aux dépends de leurs voisins. L'expansion assyrienne se fit en deux temps : de 934 à 827 av JC, souverains s'efforcèrent de rétablir leur autorité sur les territoires que le royaume possédait au IIè millénaire. Ensuite pendant 83 ans, l'empire assyrien connu une période de repli. Puis à parti de 744 av JC, le roi Téglath-Phalasar III repris l'offensive et se lança dans une politique d'extension générale et prédatrice, reprise par ses successeurs de la dynastie des sargonides.
Après le règne d'Assurbanipal, dernier grand roi assyrien, l'empire se fragilisa, mais il ne s'effondra définitivement, sous les coups d'une coalition de Mèdes et de babyloniens, qu'en 610, peu après la destruction de la capitale, Ninive, en 612 av JC.
Les rois assyriens changèrent trois fois de capitale entre le IXè et le VIIè siècle, et ils construisirent à chaque fois des palais. Assurnazipal II choisit Nimrud (le palais du nord-ouest), Sargon II décida d'une nouvelle capitale, Dür-Sharrukîn, l'actuelle Khorsabad où il édifia le plus grandiose des palais assyriens. A la mort de Sargon II, Khorsabad fut considérée comme maudite et elle fut désertée. Le roi Sennachérib décida de s'installer à Ninive où furent érigés deux palais : le palais du sud (ouest et le palais nord construit par son petit-fils Assurbanipal.
Deux grands palais furent construits en Syrie : celui de Til Barsip date du règne d'Adad-Nirari III (810-783 av JC) et au VIIIè siècle le palais d'Arslan Tash de la même époque était la résidence du gouverneur. Les palais obéissent à une structure commune. On y distingue deux grands espaces, organisés chacun autour d'une cour centrale. Le Babanu qui correspond à l'espace public, le Bîtanu correspond à l'espace privé et abrite les appartements du roi et ceux des femmes. Les deux espaces sont reliés par la salle du trône. Sont intégrés à l'architecture les animaux gardiens de porte dénommés Lamassu ou Shêdu. Ils avaient pour mission d'assurer la protection et la stabilité du palais. Directement associés aux Lamassu, les génies ailés porteurs de situle ont aussi pour fonction de repousser les forces mauvaises.
Le mobilier est connu grâce aux bas-reliefs mais aussi par des éléments décoratifs tels que des placages en ivoires, dont de nombreux fragments ont été trouvés à Nimrud ou à Arslan Tash.

Taureau androcéphale.
Khorsabad, vers 710 av JC.

Ivoire, Arslan Tash
VIIè siècle av JC.

L'empire néo-babylonien (609-539 av JC).
En 626 av JC le chaldéen Nabopolassar avait fondé une nouvelle dynastie. A la mort d'Assurbanipal il s'empara du pouvoir et exerça son hégémonie sur Babylone. C'est son fils Nabuchodonosor II qui a marqué le plus l'Histoire par la très longue durée de son règne (605-562 av JC), par ses travaux à Babylone mais aussi par son conflit avec le royaume de Juda qui entraîna la prise de Jérusalem en 597 av JC et la destruction en 587 av JC du temple de Salomon. L'empire néo-babylonien s'étendait de la Méditerranée à l'Iran, de la frontière égyptienne au Taurus. Le roi consacra la grande part de ses richesses à la reconstruction et à l'embellissement des temples de babylone.
La période qui suivit la mort de Nabuchodonosor II fut troublée. En 565 av JC, fut désigné pour régner sur Babylone Nabonide qui n'était pas de lignée royale. Il se maintint à la tête de l'empire jusqu'à la prise de Babylone en 539 av JC.

Découvrez une sélection d'oeuvres

L'empire perse (539-330 av JC).
Dès avant la prise de Babylone par Cyrus II, les Perses s'étaient lancés dans une politique de conquête du monde oriental. Ils dominèrent pendant deux siècles un immense territoire, s'étendant de la Lydie à l'Indus, de la Mer Noire à l'Egypte. Les premiers souverains de la dynastie, Cyrus, Cambyse, Darius I et Xerxès furent les plus remarquables. Ensuite, la tâche qu'auront à accomplir les successeurs sera de maintenir un ensemble aussi gigantesque, qui tombera en 330 av JC sous les coups d'Alexandre le Grand.
Les Perses sont des Indo-européens descendants des premiers iraniens. Ils sont connus indirectement à partir du IXè siècle dans les annales assyriennes sous le nom de Mèdes ou de Perses. Les Mèdes sont les premiers Iraniens à se regrouper en une royauté organisée. Cette royauté a pour centre la région d'Ecbatane, ville actuelle d'Hamada. Elle dura du VIIè siècle au milieu du VIè siècle av JC.
Les Perses, en tant que groupe ethnique identifiable, font une apparition assez tardive dans la région du Fars, à laquelle ils ont donné leur nom. C'est vers 625 av JC que dut naître le premier royaume perse. Leur sédentarisation, qui se manifesta à partir du VIè siècle, est sans doute à mettre en relation avec la destruction de Suse en 646 av JC par Assurbanipal.
Cyrus II le Grand (550-530 av JC) est sans conteste le plus prestigieux de tous les rois perses. Il est le fondateur de l'empire ; il abolit la royauté mède en se révoltant contre son grand-père Astyage en 550 av JC. Cyrus II agrandit son territoire en combattant le royaume lydien de crésus en 546 av JC et en s'emparant des cités grecques d'Asie Mineure. Lorsqu'il prend Babylone en 539 av JC et met fin à la dynastie néo-babylonienne, l'empire perse proprement dit commence.
Cyrus II se lança dans une politique de construction et édifia ne nouvelle capitale à Parsagades, à 110 km au nord-est de Chiraz. Des palais y furent construits, ils constituaient des salles d'apparat disséminées dans un jardin planté d'espèces rares.
Le règne de Cambyse II (529-522 av JC) fils et successeur de Cyrus II est surtout marqué par la conquête de l'Egypte. A sa mort Daruis Ier lui succède (522-486 av JC). Comme il fut sans doute un usurpateur, il fabriqua une généalogie qui le rattachait à la famille de Cyrus en inventant un ancêtre commun : Achemenès qui est à l'origine de l'adjectif achéménide attribué à la dynastie. L'avènement de Darius consacre un changement net, avec la mise en place d'une véritable administration, la frappe d'une monnaie royale. L'empire, découpé en une vingtaine de satrapies, fut doté de deux capitales : Suse et Persépolis. Darius s'employa à agrandir l'empire dans toutes les directions : vers 519 av JC il conquit le Pendjab, il contrôla l'île de Samos et en 513 il conquit la Thrace et la Macédoine. En 499 av JC il défait les troupes greco-chypriotes à Salamine.
Le dernier souverain important est Xerxès I (486-465 av JC). Dès 485-484 av JC il conduisit son armée sur les bords du Nil. Le grand projet du roi était de conquérir la Grèce. En 480 av JC il conquit l'Attique et brûle l'acropole d'Athènes. Mais à partir de cette date, les Perses ne subiront plus que des échecs cuisants.
Au cours du IVè siècle se constitue une nouvelle puissance en Macédoine sous l'égide de Philippe II puis de son fils Alexandre. C'est ce dernier qui mène l'offensive contre l'empire perse. Darius III est vaincu à la bataille d'Issos en 333 av JC. A la fin de 331 av JC, Alexandre s'empare de Persépolis qu'il incendie, en 330 le souverain perse est assassiné par des satrapes. C'est la fin de l'empire perse.
Des Assyriens, les Perses reprirent certains éléments du décor aux entrées de portes comme les lamassu et les génies. Des babyloniens ils reprirent le principe des cours centrales et des salles en largeur en enfilade et des décors à glaçure colorée. Des Iraniens de l'âge du fer ils reprirent les salles à colonnes. L'art perse ajoutait aussi des emprunts à des civilisations contemporaines. Ainsi, la colonne, caractéristique de l'architecture achéménide, était d'origine iranienne, mais les différentes parties qui la composaient relevaient d'une inspiration composite.
La stabilité, le goût de l'immuable sont particulièrement bien illustrés par la frise des archers du palais de Darius à Suse ou par les défilés des Perses et des Mèdes du palais de Persépolis.
Les rois perses prisaient dans la vaisselle trois formes principales : les coupes, les rhytons et les amphores. Ces dernières étaient ornées d'anses animales très ouvragées.
La fin de l'empire perse marque la fin d'un monde et il ne paraît pas excessif de dire que l'hellénisation de l'orient entraîne une perte de l'identité orientale.

Le Luristan.
Il fut certainement infiltré par des Iraniens à partir du Ier millénaire. Un petit royaume s'y constitua. La typologie des objets est marquée, entre le Xè et le VIIIè siècle par une extrême diversité. Les éléments de harnachement existent désormais en grand nombre (Nécropole B de Tépé Sialk)

La renaissance de l'Elam.
A partir du VIIIè siècle, le royaume élamite retrouve quelque vigueur, et Suse sort de sa torpeur ; on parle de renaissance néo-élamite. Entre 770 et 646 av JC l'antique monarchique d'Anshan et de Suse est restaurée ; trois capitales royales semblent coexister : Suse, Madaktu et Hidalu. Les campagnes d'Assurbanipal se terminent par le sac de Suse en 646 av JC. Vers 625 av JC on assiste à la reconstruction d'un royaume élamite en Susiane. Durant cette ultime période l'empire est dilué en plusieurs petits royaumes. La production d'objets en faïence ou en céramique à glaçure colorée perdure en Iran au Ier millénaire.


Proche-Orient Antique
au Ier millénaire av JC

Découvrez une sélection d'oeuvres


Accueil Musées     Histoire du Musée du Louvre     Collections du Musée du Louvre