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Néolithique - VIè-IVè millénaire - IIIè millénaire - IIè millénaire - Ier millénaire av JC - Ier millénaire ap JC

L'apparition des chefferies : VIè-IVè millénaire.

Mésopotamie. Période de l'Obeid récent (5300-3700 av JC)

Les maisons ordinaires sont en roseaux, mais certaines habitations en briques se distinguent désormais des autres (à Eridu). La céramique est de moins belle qualité qu'à l'époque précédente ; il s'agit de production de série à l'argile peu travaillée et aux épais décors peints. Les figurines, principalement féminines, sont nombreuses. Leur visage est allongé, avec des yeux étirés et incisés. Elles ont les mains jointes et sont toujours coiffées d'un bonnet. A Tépé Gawra, en Mésopotamie du Nord, trois édifices impressionnants ont été découverts. Les murs sont très soignés, peints de rouge, de blanc et de noir. Les sceaux de Tépé Gawra constituent par leur nombre et leur variété la meilleure référence  pour la connaissance de la glyptique des Vè et IVè millénaires.

La culture de Gawra (3900-3200 av JC)

Le site éponyme est caractérisé par la présence d'un bâtiment, sans doute une forteresse au niveau IX. Au niveau suivant (VIII), les maisons sont regroupées sur une acropole, tandis que l'habitat commun se trouve repoussé à la périphérie. La céramique est de grande qualité. Les vases montés à la main (coupes, calices) sont spécifiques à Sialk et à Hissor. Les capridés et les félins sont courants. La figuration humaine est toujours rare et presque exclusivement masculine.

La fin de l'Iran préhistorique.

Au VIè millénaire, la plaine de Deh Luran et celle de Susiane sont intégrées un temps à la culture obeidienne comme le site de Tépé Djowi qui a livré une céramique apparentée à celle de l'Obeid 2. Suse fut fondée vers 4200 av JC. Au départ il s'agissait plutôt d'un ensemble de villages. La superficie de l'agglomération est estimée à 10 ha. Sur le site a été bâtie une énorme terrasse à degrés dont la façade était décorée de clous d'argile disposés en bandes parallèles par groupe de quatre. La métallurgie iranienne paraissait en avance sur le reste du Proche-Orient ; les objets trouvés dans la nécropole de Suse I n'avaient pas d'équivalent ailleurs.

Le chalcolithique ghassulien de Palestine (4500-3500 av JC)

Cette période est caractérisée par un ensemble d'innovations très profondes. Cette révolution est liée à une nouvelle exploitation des animaux. On ne se contente plus de consommer leur viande, on utilise aussi leur force de travail et des produits dérivés tels que la laine et le lait. Une autre organisation sociale moins égalitaire qu'auparavant, fondée sur la chefferie se fait jour et suscite l'essor d'artisanats spécialisés. La culture de Beersheba s'épanouie dans la région du Néguev septentrional, autour des grands wadis, à Beersheba, à Abu Matar, à Safadi.
L'essor de l'artisanat spécialisé est le trait le plus marquant de cette période. La poterie est toujours fabriquée au colombin mais la tournette (ou tour lent) commence à être employée. La métallurgie atteint d'emblée une qualité exceptionnelle (trésor de Nahal Mishmar). Le travail de l'ivoire se pratique dans des ateliers locaux (Safadi, Abu Matar)La fonte à la cire perdue est attestée dans le trésor de Nahal Mishmar. La région palestinienne s'est trouvée, à la fin du IVè millénaire, un peu marginalisée par rapport à la Mésopotamie.

    Fragment de coupe. Fin Ve millénaire

                        Vase. Epoque Obeid III. Vers 5300-4700 av JC.

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La période proto-urbaine en Mésopotamie et en Iran (3500-2750 av JC)

Le site de référence de cette période est celui d'Uruk, le seul dans la région à offrir un passage continu entre l'époque d'Obeid et celle dont il est éponyme : l'époque d'Uruk.
La période proto-urbaine comprend deux étapes assez distinctes ; d'abord celle d'Uruk récent entre 3500 et 3100 puis celle d'Uruk final (ou ancienne époque de Djemdet Nasr) entre 3100 et 2900.

- La phase de l'Uruk récent (3300-3100 av JC). Ce qui caractérise la période, c'est son formidable dynamisme et l'intense créativité dont elle fait preuve dans tous les domaines. La caractérise aussi son expansion vers des régions lointaines, dans le but probable de se procurer des matières premières. C'est ainsi que se met en place un monde diversifié d'artisans, d'artistes, de comptables, de scribes …
L'architecture. Le grand essor architectural commence à Uruk dans le quartier de l'Eanna au niveau VI vers 3500 et "explose" surtout au niveau IV, a et b. L'esprit d'innovation se fait jour dans la diversité des matériaux employés, dans les décors particulièrement soignés et la taille des bâtiments. A ce jour on pense que l'ensemble de l'Eanna illustre le pouvoir d'une oligarchie vivant en harmonie sous l'autorité d'un chef.
L'artisanat. La céramique devient un artisanat masculin, alors qu'auparavant elle était l'apanage des femmes. Sa forme peinte disparaît. Elle est à présent fabriquée en série, selon deux procédés différents : l'emboutissage au poing pour la fabrication d'écuelles grossières qui sont très largement diffusées, et l'emploi du tour qui donne naissance à une céramique plus soignée à pâte fine et dont les formes les plus courantes sont des vases à panse carénée et à anses en bec d'oiseau et des jarres allongées à bec tubulaire plus ou moins tombant. Le décor, quand il existe, est pastillé ou incisé de quadrillage.
La métallurgie accomplit de nouveaux progrès. La technique de la fonte à la cire perdue, qui était déjà connue antérieurement en Palestine, fait son apparition en Mésopotamie et à Suse. Plusieurs alliages sont pratiqués ; le plus courant est l'alliage cuivre-arsenic qui durcit le métal.
Les instruments de gestion et de comptabilité. A Suse les jetons de comptabilité et les bulles à calculi précèdent les tablettes numéraires. A l'époque d'Uruk le sceau cylindre fut inventé ; il permit le déroulement continu sur de grandes surfaces d'argile. Il est le témoin d'un changement qualitatif et quantitatif de l'organisation économique. Les sceaux étaient apposés sur les pièces de comptabilité (bulles puis tablettes) ou sur les scellements de portes ou de récipients.
L'écriture est une invention tardive de l'Uruk récent (v 3200 av JC). Elle est à l'origine partiellement pictographique et partiellement abstraite. Elle sert plutôt d'aide mémoire à son utilisateur. Environ 600 tablettes de la fin de l'Uruk récent furent retrouvées à Uruk.
Une figure d'autorité. Un personnage apparaît à plusieurs reprises dans l'iconographie de l'Uruk récent à Suse et à Uruk. Très aisément reconnaissable à son serre-tête et à sa barbe arrondie, il est identifié comme la figure d'autorité de l'époque.
La sculpture en ronde bosse ou en bas relief obéit désormais à des canons réalistes dans la représentation humaine et donne à cette dernière une place privilégiée.

- La phase de l'Uruk final (3100-2900 av JC). A Uruk, le quartier de l'Eanna est rasé, le plan architectural tripartite est définitivement abandonné. Sur l'emplacement remblayé est édifiée une énorme terrasse qui semble porter un lieu de culte dédié à la déesse Inanna. La figure d'autorité élaborée à l'Uruk récent fait l'objet d'une représentation unique qui privilégie son rôle d'époux divin de la déesse Inanna justifiant l'expression de roi-prêtre. Mais ce qui marque le période c'est le formidable essor de l'art. La sculpture domine. Les récipients en calcaire s'ornent en haut et en bas relief de groupes d'animaux. L'écriture se perfectionne et semble reprendre une partie de la fonction occupée par les sceaux  et son usage se répand (Djemdet Nasr, Khafadjé).

- La phase protoélamite (3100-2750 av JC). Dans le Fars, la ville d'Anshan est construite et occupe une superficie de 4 ha, donc supérieure à celle de Suse. Cette installation correspond à une sédentarisation des populations locales. Anshan sera la capitale des hautes terres, comme Suse sera celle de la plaine. La coexistence d'Anshan et de Suse préfigure l'Elam historique dont la nature sera d'être un double pays. A cette période la culture montagnarde domine et les traditions antérieures sont bouleversées. La céramique peinte réapparaît. L'écriture alors inventée est appelée protoélamite et elle a peu à voir avec l'écriture mésopotamienne. L'art de la période protoélamite est très particulier : il bannit la représentation humaine au profit d'animaux qui se comportent comme des humains. Il a pour principaux supports la glyptique et la statuaire. L'urbanisme est fragile dans un univers qui oscille en permanence entre nomadisme et sédentarité. A la fin de la période c'est le nomadisme qui prévaut.


Proche-Orient Antique
au VIè - IVè millénaire


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