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La méso-Amérique.
Les civilisations de l'Amérique précolombienne proprement dite ont eu pour berceaux ce qu'il est convenu d'appeler la Méso-Amérique - qui s'étend de la vallée de Mexico jusqu'à l'actuel Honduras et à certaines régions du Nicaragua au sud - et la région centrale des Andes; ces deux foyers, tout aussi éloignés l'un de l'autre que l'Europe l'est de l'Inde, sont séparés par une zone intermédiaire, comprise entre le Nicaragua au nord et l'Equateur au sud, où se sont également épanouies des civilisations avancées. Bien que des contacts se fussent établis, de 1600 av. J.-C. à 1500 apr. J.-C., entre ces deux grandes aires culturelles, aucune n'imposa à l'autre un schéma de développement. C'est avec l'arrivée des Européens que l'ensemble de la région est tombé sous la domination d'une culture unique, celle de l'Espagne.

La période préclassique (1600 - 100 av. J.-C.)
Mère des cultures méso-américaines, la civilisation olmèque fait son apparition vers le XII e siècle av. J.-C. Considérée par certains spécialistes comme une civilisation à part entière, elle tire les civilisations méso-américaines du cadre des villages individuels pour les intégrer dans un monde dominé par les foyers de San Lorenzo et de La Venta.
De la pierre sont tirés deux types d'objets caractéristiques: les petites sculptures en jade et les colossaux monuments en basalte. Avec grand soin, des sculpteurs confirmés font naître de cette pierre dure et dense des têtes colossales, représentations réalistes de leurs chefs, ou des personnages monumentaux, assis, dotés d'une puissante musculature.
Motif omniprésent dans l'art olmèque, le jaguar apparaît de façon réaliste comme un animal fondant sur sa proie, ou sous la forme d'un masque stylisé jusqu'à l'abstraction. Sa patte ira même jusqu'à prendre la forme de la terrasse de terre battue sur laquelle sera érigé le premier centre olmèque connu, San Lorenzo.
La vallée moyenne du Lerma est identifiée, depuis une cinquantaine d'années, comme le lieu du développement, pendant le Préclassique récent et moyen (entre 600 av. J.-C. et 200 apr. J.-C.), d'une culture baptisée " Chupicuaro ". Considérée comme l'un des foyers majeurs de l'émergence des sociétés complexes dans cette région du Mexique. Chupicuaro se situait, au cours de cette période, entre deux pôles culturels : le bassin de Mexico, à l'est, et les régions de l'Occident du Mexique qui étaient alors le siège d'un développement culturel original. La région de Chupicuaro est réputée pour la qualité de ses poteries et de ses figurines et elle est souvent considérée comme un centre de production qui aurait diffusé sur de longues distances certains de ses produits.

Sculpture de Chupicuaro
600-100 av. J.C. Mexique

Sculpture de Teotihuacan
VI-VIIIè siècle. Mexique.
Sculpture de Teotihuacan
VI-VIIIè siècle. Mexique.

La période protoclassique (100 av. J.-C. -250 apr. J.-C.)
Vers le I er siècle apr. J.-C., les souverains de Teotihuacán font bâtir une pyramide qui ne sera pas surpassée en hauteur pendant plus d'un millénaire; placée au-dessus d'une grotte, elle est très probablement consacrée à Tlaloc, le dieu des Eaux célestes. Son alignement précis et ses quatre côtés rappellent la division du cosmos selon les quatre points cardinaux, la pyramide étant probablement coiffée en son centre par un temple.

La période classique (250-950)
Au cours de la période classique, tous les arts de Teotihuacán présentent des formes géométriques rigoureuses. La sculpture est massive et cubique, tout en faisant montre de subtilité dans l'expression. Intégrées à l'architecture, les peintures pariétales des temples et des palais représentent, outre le serpent à plumes, des idoles divines, des prêtres accomplissant des offrandes, des soldats en armes entourés de leurs animaux emblématiques. Les motifs
de Teotihuacán se diffuseront dans l'ensemble de l'aire méso-américaine au cours de la période classique récente.
Egalement quadrangulaires et à degrés, les pyramides mayas sont de deux types spécifiques, qui attestent le culte des souverains chez les Mayas: le complexe à pyramide double et la pyramide funéraire. Le site de Tikal fournit un exemple du premier type. Le second type est également représenté à Tikal, mais aussi à Palenque. Dans l'aire maya et dans le Veracruz voisin, les statuettes en céramique moulée qui accompagnent souvent le défunt sont tantôt hiératiques, revêtues de la riche parure divine, tantôt animées d'un souci réaliste dans le modelé et le rendu de la parure. Dans l'art classique de Veracruz, des enfants au visage creusé de fossettes, à la bouche bien fendue, sont représentés en train de pouffer de rire.

La période postclassique (950-1520)
Au début de l'ère postclassique, des migrations massives modifient considérablement le paysage culturel méso-américain. Les Toltèques, nomades qui n'ont jusqu'alors guère témoigné d'intérêt pour les arts, s'établissent à Tula, au nord-ouest de Teotihuacán, avant d'étendre rapidement leur domination à des peuples sédentarisés depuis longtemps, tels ceux du Veracruz, voire aux Mayas. Avec autant de maîtrise que leurs contemporains du Sud, les Toltèques se mettent à tailler des pierres, qu'ils insèrent dans des façades des temples ou des palais. A Chichén Itzá, ce style, dit Puuc, sera supplanté par un art spécifiquement toltèque dans ses formes: colonnes, portiques, plates-formes basses sur lesquels étaient sculptées des processions, atlantes soutenant toits et plateaux de table, représentations de flèches et de propulseurs mexicains, sans oublier l'aigle, le jaguar et le coyote, iconographie déjà rencontrée dans les représentations de guerriers de Teotihuacán. L'agressivité des lignes et la prédominance du motif de la mort annoncent le recul des arts religieux au profit des arts guerriers.
Les Aztèques, puissance politique dominante en Méso-Amérique à l'arrivée des Espagnols (1519), sont à l'origine des populations nomades du Nord, tout comme les Toltèques, dont ils adoptent la culture en se sédentarisant. Comme ceux de Teotihuacán un millénaire auparavant, les temples des Aztèques s'ornent de statues colossales représentant leurs divinités, devant lesquelles des prêtres peints en noir placent des offrandes, qui vont des cailles sacrifiées à des cœurs humains. Exception faite des Olmèques, le peuple aztèque a poussé bien plus loin la technique de la ronde-bosse dans la statuaire que ne l'avaient fait les civilisations précédentes: le complexe central dont fait partie la pyramide est ceint d'une muraille défensive, tout comme celle de nombreuses cités postclassiques.

La Colombie.
Les premiers objets en orfèvrerie datent de plus de 2 000 ans. L’or y était martelé, à l’aide de petits maillets ovales en fer météoritique sur des enclumes cylindriques, en grandes feuilles qui étaient transformées en diadèmes, disques pectoraux, pendentifs, ornements de nez, pendants d’oreille, bracelets ou masques, objets votifs. La quasi totalité des objets connus provient de fouilles clandestines. L'orfèvrerie Tolima se distingue surtout par ses pendentifs et figurines géométriques, anthropomorphes ou zoomorphes. Les membres des classes supérieures de la société y étaient, de leur vivant, couverts d’or, métal symboliquement lié au Soleil et signe de pouvoir. Ces parures les accompagnaient dans la tombe : leurs momies étaient revêtues d’or et souvent d’un masque. La société colombienne était organisée en groupes de villages contrôlés par des chefs. L’agriculture pratiquée par les communautés pouvait subvenir aux besoins d’une société hiérarchisée possédant un système complexe de croyances que reflète l’art colombien, semblable à celui de leurs voisins immédiats du nord.

Sculpture maya.
600-900 ap. J.C. Mexique

Sculpture Tolima
I-Xème siècle. Colombie

Sculpture aztèque. 1400-1520
Mexique

L'Amérique du Nord.
Les Amérindiens se seraient installés en Colombie-Britannique entre 15 000 et 8 000 ans après la fonte des glaces, arrivant de Sibérie par le détroit de Béring. Dans la province, ils sont actuellement environ 170 000, répartis en 197 bandes vivant sur 400 de leurs 1650 petites réserves qui représentent 0,37% de la superfie de la province.
les tribus de la côte Pacifique avaient une structure sociale très complexe. Non seulement étaient-elles divisées en trois classes sociales : nobles, gens du peuple et esclaves, mais elles comptaient aussi une aristocratie héréditaire. L'unité sociale de base était la famille étendue, dont les membres se reconnaissaient un ancêtre commun. Ainsi, chaque lignée avait son emblème particulier, représentant l'animal ou l'être surnaturel censé l'avoir créée. La générosité de l'océan et de la nature en général permit aux tribus de la côte Pacifique de s'implanter en permanence dans des villages, comptant jusqu'à trente maisons et 1 000 habitants. Ils étaient construits, pour la plupart, le long de baies ou de détroits, à l'abri des grands vents et des vagues de l'océan. De structure fondalement identique d'une tribu à l'autre, leurs habitations, faites de larges planches de cèdre, étaient rectangulaires, souvent massives, mesurant en général 30 mètres de long sur 12 mètres de large.
Les Amérindiens de la côte Pacifique étaient d'excellents menuisiers et tiraient profit au maximum du cèdre rouge avec lequel ils fabriquaient non seulement leurs habitations et leurs pirogues, mais aussi des coffres monoxyles, des masques et autres objets de cérémonie. Avec l'écorce intérieure, ils fabriquaient des vêtements, des nattes, des paniers, des cordes etc.

Les Tlingit constituent une des nations les plus septentrionales de cette grande famille de peuples, qui occupent toute la côte américaine du nord-ouest du Pacifique. Leur économie est essentiellement fondée sur la pêche, et ils sculptent le bois. Ils sont très semblables à leurs voisins les Haida, à la fois par leur apparence et par leurs coutumes sociales. Les Tlingit regroupent les Sitka, les Auk, les Huna et les Tonga. Ils combattirent à maintes reprises les premiers Russes qui s'installaient en Alaska. Aujourd'hui, la concentration la plus forte de Tlingit se trouve en Alaska, où beaucoup d'entre eux travaillent dans les industries du bois et de la pêche.
Les Kwakwaka'wakw (ou Kwakiutls) occupaient la partie nord de l'île de Vancouver, en Colombie-Britannique, du détroit de Johnstone jusqu'au cap Cook, et, sur le continent, la région côtière allant du chenal marin de Douglas à l'inlet Bute, à l'exception d'une petite portion sous l'emprise des Bella Coola. La culture matérielle des tribus côtières comme les Kwakiutls reposait sur les bancs de saumon qui remontaient les ruisseaux et les rivières chaque année ainsi que sur les peuplements abondants de cèdre. Le saumon leur assurait des vivres toute l'année, et le cèdre leur fournissait le bois nécessaire à la construction d'habitations et de canots ainsi qu'à la fabrication d'ustensiles de ménage. L'écorce de cèdre servait également à la confection de vêtements et de nattes.
Les Nisga'a vivent dans la vallée de la rivière Nass au nord-ouest de la Colombie Britannique. La rivière a, depuis toujours, fournit la nourriture, la fourrure, les outils permettant le developpement d'une des cultures les plus sophistiquées d'Amérique du Nord.
La richesse en saumon et en oolichan de la rivière a permit à ce peuple de développer un vaste empire marchand s'étendant loin à l'intérieur des terres. Pendant près 10 000 ans les Naisga'a ont prospéré sur cette terre, s'organisant en quatre clans.
Dévastés par la variole, la grippe et d'autres maladies apportées par les Européens, les Nisga'a ont été installés dans des réserves
Aujourd'hui la population se compose en 6000 individus environ, 2500 personnes vivent dans les villages d'origine, les autres dans le reste du Canada.

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