Musée du Louvre

 

Napoléon Bonaparte : 1769-1821

Napoléon Bonaparte

Né le 15 août 1769 à Ajaccio, un an après l’achat de la Corse par Louis XV à la république de Gênes. Napoléon et son frère Joseph partent étudier au collège d’Autun (1778). L’année suivante, Napoléon est admis à l’école militaire de Brienne (1779-1784). Il décroche son diplôme de fin d'étude qui lui permet de rentrer à l’école royale militaire de Paris (1784).
A Marseille, le jeune officier gagne ses galons de capitaine, après avoir combattu un mouvement fédéraliste. Il est nommé chef d’artillerie et affecté au siège de la ville de Toulon qui s’est livrée aux Anglais. Par sa science, sa bravoure et son sens stratégique, il fait judicieusement tonner ses canons, contribuant à la prise de Toulon le 17 décembre 1793. Il est nommé, à l’âge de vingt-quatre ans, général de brigade par le Comité de salut public, puis sollicite le poste de commandant d’artillerie de l’armée d’Italie en mars 1794. Le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), Buonaparte réprime l’insurrection royaliste de Paris dirigée contre le Directoire. En récompense, Barras, devenu directeur, le nomme général de division et commandant en chef de l'armée de l'Intérieur. À cette même époque, il rencontre Joséphine de Beauharnais, une créole veuve d’un général guillotiné et mère de deux enfants, qu’il épouse le 9 mars 1796, sans cérémonie religieuse.
Promu le 2 mars 1796 commandant en chef de l’armée d’Italie. Il mène une campagne foudroyante contre les troupes austro-piémontaises. Grâce à son génie militaire, il remporte victoire sur victoire entre 1796 et 1797.
Il est nommé à la tête de l’expédition d’Égypte (mai 1798). Il s’assure le contrôle du pays à la bataille des Pyramides (21 juillet 1798). Mais le général anglais Nelson, en détruisant la flotte française à la bataille d’Aboukir (août 1798), contraint Bonaparte à faire route vers la Syrie. Le 3 mars, l'armée assiège Jaffa mais doit rebrousser chemin jusqu'à Alexandrie et y effectue une dernière bataille victorieuse cette fois, dont Bonaparte saura exploiter pour son retour. Bonaparte part clandestinement d'Egypte et débarque à Fréjus le 8 octobre 1799. il est accueillit triomphalement et regagne Paris.
Les 9 et 10 novembre 1799 (18 et 19 brumaires de l’an VIII), les conjurés désignent un consulat provisoire à la tête duquel ils nomment le général Bonaparte assisté de Ducos et de Sieyès.
Le 15 décembre 1799, Napoléon proclame la Constitution autoritaire de l’an VIII, pour ensuite devenir 1er Consul muni d’un pouvoir considérable. Déjà assuré de tous les pouvoirs, le plébiscite de 1802 confirme sa popularité et la Constitution de l’an X le désigne consul à vie.
Le premier Consul, rompant avec tous les usages, écrit des lettres au Roi d'Angleterre ainsi qu'à l'Empereur d'Autriche déplorant la guerre qui a sévit. Mais ceux-ci ayant repris les armes, il décide de nouvelles campagnes, pour contrer la deuxième coalition. Il triomphe à Marengo en Italie (14 juin 1800), de même que Moreau à Hohenlinden en Allemagne (3 décembre 1800), ce qui contraint l’Autriche à confirmer la paix de Campoformio par celle signée à Lunéville le 9 février 1801 et garantit le Rhin comme frontière orientale de la France. Bonaparte est au comble de la popularité, il vient de donner à la France une paix glorieuse. Avec l’Angleterre, Bonaparte signe la courte paix d’Amiens, le 25 mars 1802. Après dix ans de guerre en Europe, le Premier consul parvient à établir une paix fragile mais essentielle, puisque, déjà, elle est la reconnaissance de sa puissance.
Le 2 décembre 1804, après avoir épousé religieusement Joséphine, celui qui s’appelle désormais Napoléon Ier est sacré empereur par le pape Pie VII à Notre-Dame de Paris. Le 16 mai 1805, Napoléon part à Milan. Il prend, sur l'autel de la cathédrale, la couronne de roi d'Italie et se la pose sur la tête.
En avril 1803, l’Angleterre rompt la fragile paix d’Amiens. Deux ans plus tard, l’Autriche, la Russie, la Suède et Naples la rejoignent dans la troisième coalition. Les Autrichiens sont défaits à Ulm le 20 octobre 1805, les Russes mis en déroute lors de la bataille d’Austerlitz le 2 décembre. La cinglante défaite navale que lui inflige Nelson à Trafalgar, le 21 octobre 1805, lui paraît être effacée par les victoires.
La Prusse forme alors une nouvelle coalition avec l’Angleterre et la Russie. Elle est battue à Iéna et à Auerstedt (14 octobre 1806). En Pologne, Napoléon affronte l’armée russe. Il emporte une victoire peu convaincante à Eylau (8 février 1807) mais décime les Russes à Friedland (14 juin 1807). En juillet, il signe avec le tsar Alexandre Ier le traité de Tilsit, lequel ébauche une alliance salvatrice avec la Russie, émiette la Prusse et donne à Jérôme Bonaparte le royaume de Westphalie et le grand-duché de Varsovie. En 1809, Napoléon bat à nouveau les Autrichiens à Wagram (6 juillet) et occupe Vienne, où il signe une nouvelle paix, le 14 octobre.
En avril 1810, après avoir divorcé de l’impératrice Joséphine qui ne lui a pas donné d’enfant, il épouse la fille de l’empereur d’Autriche, Marie-Louise. En s’alliant ainsi aux Habsbourgs, il espère légitimer sa dynastie et particulièrement son fils, François Charles Joseph, le jeune roi de Rome qui naît en 1811. Malgré les dérives de grandeur imitées de l’Empire romain, Napoléon Ier réussit, par cette habile politique, à faire disparaître toute opposition intérieure. La naissance du roi de Rome le 20 mars 1811, assure la succession dynastique. Cette naissance marque deux ans de paix relative où l'Empire connaît son apogée géographique.
Napoléon dote la France d'institutions solides en créant l'Université, le conseil de prud'hommes (1806), la cour des comptes (1807). Mais surtout, il veut faire de Paris la plus belle des villes : canal Saint Martin, cimetière du Père-Lachaise, unification du palais du Louvre et des Tuileries (achevé sous Napoléon III), Arc de triomphe aux tuileries (carrousel) et sur les Champs-Elysées (il ne le verra pas achevé) et la colonne vendôme sur laquelle est inscrite la campagne d'Austerlitz. Il veut dédier un temple à la gloire de la Grande Armée (qui deviendra l'église de la Madeleine). La Bourse est également commencée, le Panthéon achevé.
En mai 1812, en représailles envers le tsar qui s’apprête à s’unir aux aristocraties coalisés, Napoléon prend le commandement de la campagne de Russie. Le 14 septembre, il pénètre à Moscou, mais l’incendie qui ravage la ville détruit le ravitaillement de ses troupes. Avec l’hiver qui commence, il lui est impossible de poursuivre l’armée du tsar. La retraite de Russie est une longue marche de retour, désastreuse, elle décime la belle armée partie un an plus tôt.
Napoléon parvient à remporter de nouvelles victoires à Lützen et à Bautzen en mai 1813. L’armistice conclu par le chancelier autrichien Metternich est de courte durée ; Napoléon est battu à Leipzig en octobre et se replie en France. L’Allemagne est abandonnée, la Hollande s’insurge, et Joseph, défait à Vitoria en juin, quitte la péninsule Ibérique. La France est envahie. Malgré les désertions, Napoléon parvient à lever encore 60 000 hommes. La campagne de France est peut être l'apogée du génie militaire de l'Empereur qui tient tête aux coalisés malgré leur immense supériorité numérique, mais les maréchaux ne voulant plus combattre livrent Paris le 31 mars 1814. Napoléon est déchu par le Sénat le 3 avril. Le traité de Fontainebleau, signé le 11, confirme son abdication sans conditions. Les Alliés lui concèdent alors, comme seul royaume, l’île d’Elbe en Méditerranée, où il s’exile avec quelques fidèles après un dernier adieu à son armée. Marie-Louise et son fils, l’Aiglon, sont confiés à la garde de l’Empereur d’Autriche.
Il voit le fragile régime du roi Louis XVIII accumuler les fautes et leur impopularité grandir. Il s’échappe de l’île d’Elbe et débarque à Golfe-Juan. Il marche alors sur Paris, Quand il arrive aux Tuileries, Louis XVIII a déjà fuit. Pas un coup de fusil n'a été tiré pour défendre les Bourbons, pas une goutte de sang n'a été versée pour le rétablissement de l'Empire. les royalistes prennent les armes en Vendée. Les coalisés, alors réunis en congrès à Vienne, déclarent l'Empereur hors la loi et décident de marcher sur la France. Pour éviter que les armées coalisées ne se rejoignent en Belgique, l’Empereur prend l’initiative de l’attaque et bat les Prussiens à Ligny le 16 juin. Mais à Waterloo, le 18 juin 1815, il est vaincu par les armées de Wellington, rejointes par celles de Blücher. Napoléon souhaite continuer la lutte, mais l’hostilité des députés le pousse à abdiquer une nouvelle fois, le 22 juin.
Napoléon se réfugie à Rochefort. Il embarque sur le navire britannique Bellerophon et est exilé à Sainte-Hélène, Les temps napoléoniens sont terminés, ils prennent maintenant les couleurs de la légende. Napoléon passe les six dernières années de sa captivité à Sainte-Hélène avec quelques fidèles, tel Emmanuel de Las Cases auquel il dicte le Mémorial de Sainte-Hélène. Il meurt le 5 mai 1821.

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